Pèlerinage, Pèlerinage ...

A l'occasion de l'année jubilaire, Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis entre 1996 et 2009, nous livre un témoignage sur l'importance des pèlerinages dans notre diocèse : Notre-Dame des Anges, Lourdes, Notre-Dame des Vertus. 

Pèlerinages, pèlerinages

J’ai été ordonné évêque de Saint-Denis le 19 octobre 1996. Ma première tâche fut de faire la visite pastorale des secteurs du diocèse. J’appris à connaître l’ensemble des forces vives de cette Eglise particulière, passionnées par l’annonce de l’Evangile sur le territoire de nos « 40 villes ».

En lisant les orientations diocésaines mûries au temps de mes deux prédécesseurs, tout en vibrant à l’impulsion missionnaire qui les avait inspirées, je constatais une relative absence des familles et de la famille. Pourtant, la famille n’est-elle pas, me disais-je, l’une des sources possibles d’un renouveau des vocations et de l’évangélisation ?

Alors que je découvrais à Clichy-sous-Bois la chapelle très ancienne dédiée à la Vierge noire de Notre-Dame des Anges, je lus le document publié par le pape Jean-Paul II le 2 février 1994 : Lettre aux familles. Je décidai de répercuter son message et d’en faire, cette année-là, le thème du pèlerinage à Notre-Dame des Anges, en la fête de la nativité de Marie, le 8 septembre suivant.

Ce pèlerinage, qui prenait son point de départ dans l’ancienne Maison diocésaine de Coubron, et passait par la forêt de Bondy, avait été soutenu, au-delà de la paroisse Saint-Denis de Clichy-sous-Bois, par les Equipes Notre-Dame et les Associations familiales catholiques. Mon désir était que désormais tout le diocèse, si possible, se réapproprie cette démarche spirituelle, comme il en avait été dans un lointain passé, au vu de photos anciennes qui montraient son caractère très populaire.

C’était, dans mon esprit, une initiative d’évangélisation. Il s’agissait de rejoindre les familles, toutes les familles, ferventes ou non, engagées ou non, françaises ou non, au cœur de leurs joies et de leurs peines, avec les enfants, les jeunes, les grand parents et les personnes d’âge mûr. C’était une manière de placer au centre les malades et les handicapés, les pauvres et ceux qui se sentent, à tort ou à raison, plus ou moins en marge dans l’Eglise.

Le pèlerinage est une pratique très ancienne et universelle. Celle-ci utilise un langage simple : la marche, le chant, les témoignages, les saynètes, une liturgie accessible, visuelle et joyeuse… quel que soit le temps ! C’est l’expérience que, depuis lors, beaucoup de diocésains ont pris goût de faire ensemble d’année en année. Sans atteindre des chiffres de participation extraordinaires, elle a gagné en popularité, en évoluant sur les parcours et les thèmes abordés, souvent dans la dynamique des Journées mondiales de la jeunesse en préparation. Le sommet de 2000 pèlerins fut atteint… en l’an 2000, année de la promulgation du Synode diocésain sur « l’Evangile dans la Ville ».

Aux participants habituels ou occasionnels de dire ce qu’une telle démarche apporte à leur vie de foi. Pour ma part, j’ai toujours aimé méditer le Magnificat et voir en Marie celle que saint François d’Assise appelle « la Vierge faite Eglise ». Et l’Eglise ne se réalise bien que comme « peuple de Dieu » en chemin, ainsi que le pape François aime à nous le redire et à nous le montrer, à la suite du Concile Vatican II (1961-1965).

« Toutes les générations me diront bienheureuse », chante la Vierge Marie. Le pèlerinage de Notre-Dame des Anges en est, parmi d’autres, un témoignage vivant. Là, nous ne sommes pas cloisonnés mais ensemble. Petits et grands partagent, dans la marche, le pique-nique commun, les stands, le chapelet, le sacrement de réconciliation, la messe… la même joie, les mêmes intentions de prière, le même désir de ressembler au Seigneur Jésus et de nous aimer, pour devenir ses envoyés auprès des autres dans ce grand diocèse aujourd’hui déjà quinquagénaire !

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